« Salon d'honneur & Salle des Pas Perdus | Accueil | La première lecture du Sénat »

Commentaires

Monsieur le Député,

Je tenais à vous féliciter pour la qualité de votre blog, en attendant de vous rencontrer prochainement.

Bien à vous

Celui qui se consacre au chant des années durant n'a pas l'impression de travailler si l'amour de l'Art l'anime... Le plaisir de chanter ne devrait pas être rémunéré. Celui qui travaille dur sa voix le fait par amour du chant, non pour gagner sa vie. Il devrait en être de même pour tous chanteurs. Dans ce contexte les considérations matérielles sont méprisables, à mon sens.

Raphaël Zacharie de Izarra

Vous n'avez pas tout à fait tort. Cependant, je nuancerais en (grande ?) partie vos propos en vous faisant remarquer que les artistes que nous téléchargeons n'ont pas de don céleste ; la nature peut leur avoir donné un beau timbre de voix ou une oreille musicale, par exemple, mais c'est aussi le résultat d'années de travail, à répéter, à travailler sa technique, sa voix, ... Moi-même prenant des cours de chant, je puis vous assurer qu'il faut des années de travail, de sacrifices, avant d'espérer y arriver. Et tout travail mérite salaire, surtout quand on y consacre tout son temps et son énergie...Néanmoins, la liberté d'accès aux oeuvres ne devrait pas être trop encadré non plus.. les artistes connus qui défendent leur gagne-pain (ou caviar...)oublient leurs "petits frères" de la chanson et de la musique, moins connus mais parfois tout aussi (voire plus ?) talentueux, et qui, boudés parfois à tort par les maisons de disques trop commerciales ou formatées, deviennent parfois connus grâce aux téléchargements sur internet,qui permettent de découvrir de nouveaux artistes. Et les artistes connus oublient aussi que c'est en téléchargeant des extraits de leurs albums, qu'on a parfois envie de s'offrir l'album en entier.

VIVE LE PIRATAGE DES OEUVRES !

Inique, le projet de loi visant à interdire le téléchargement des oeuvres musicales sur le NET ! Dévoyés, prostitués, sans hauteur sont les artistes qui n'acceptent de diffuser leurs productions à destination des hommes de la terre, leurs semblables, qu'à la condition d'être payés avec de l'argent ! L'art, la musique, la poésie sont une nourriture universelle par excellence. Aucune considération d'ordre pécuniaire ne devrait limiter leur diffusion. Le simple fait de consacrer son temps libre ou sa vie entière à l'art et de le diffuser sans aucune restriction, de faire profiter à qui veut les savourer les fruits de son travail, devrait suffire au bonheur de l'artiste.

Ce qui tue la créativité, ça n'est pas le manque d'entrée d'argent. Au contraire, c'est avec le ventre vide que le poète chante le mieux. Le confort que permettent des revenus assurés et réguliers peut même être un frein à la création. Honte aux artistes qui exigent de l'argent en échange de l'étincelle divine ! On ne devrait pas commercialiser le souffle de l'esprit. Les artistes qui soutiennent ce projet de loi se mettent sur le même plan que les marchands de lessive.

Ces ingrats qui des muses ont reçu un cadeau merveilleux sans que rien ne leur soit demandé en contrepartie, ces simples mortels sur lesquels à la naissance se sont penchés les dieux avec une générosité, un désintéressement sublimes afin de les combler de dons sans rien leur réclamer en échange, ces petits hommes imbus de leurs dons osent exiger de leurs frères humains, leurs égaux, des hommes au même titre qu'eux, qu'il les payent pour cette grâce tombée du Ciel ! Ils estiment que la manifestation de l'infini vaut tant d'argent, ils considèrent que leur don octroyé gratuitement par les anges présidant à l'Art se pèse sur la balance des lois du marché...

Notre société matérialiste, alimentaire, mercantile qui a commercialisé, mis en rayons, code-barré la pensée, le Beau, les plus hauts sentiments ne peut concevoir qu'un artiste compose, écrive, imagine pour l'amour de l'art, pour la gloire des étoiles, pour la beauté du geste... Nul besoin d'argent pour créer. Les artistes qui prétendent le contraire ne sont que des vendus, des menteurs, des traîtres, des bandits qui ont fricotés avec le "diable marketing". On peut, on doit chanter sans être payé en retour. L'inspiration ne devrait pas être conditionnée par des exigences d'ordre économique.

Les fruits de l'esprit appartiennent à tous, pauvres et fortunés. Les richesses de l'âme ne devraient pas être soumises aux lois du marché. L'universel, ce qui est issu des profondeurs de l'homme devrait voler de tête en tête, de coeur en coeur, et non passer de porte-monnaie en tiroir-caisse.

Seuls les supports peuvent être commercialisés, pas les oeuvres.

Le reste, ce sont de sordides affaires de comptables ayant perdu leur âme dans de vils calculs. Si les artistes veulent se payer une plume en or, une lyre sertie de diamants, une guitare étincelante de pierres précieuses, s'ils veulent manger à leur faim, qu'ils se soumettent aux mêmes rigueurs que les autres mortels : qu'ils aillent travailler à l'usine. Le talent ne confère aucun privilège à ces humains infatués de leur héritage divin. A ceux qui ici-bas veulent monnayer le legs olympien, je réponds que leur venue au monde n'a été soumise à aucun marché. Et que si les entités célestes ne demandent rien pour tous ces trésors offerts à leurs créatures humaines, les artistes devraient remercier le sort au lieu de se plaindre, et à plus forte raison ne pas faire commerce de ces présents. Il n'en sont que les dépositaires.

Je vous engage donc à piller mes oeuvres sur http://espritlibre.foxoo.net/plume, à télécharger de la musique sur des sites gratuits et illégaux, à répandre la pensée des philosophes sans faire acheter leurs livres à votre auditoire, à chanter dans la rue les chansons que vous aurez entendues dans les écouteurs d'essai à la FNAC sans débourser un centime, et ce afin de faire partager gratuitement à un maximum de gens autour de vous les oeuvres de l'esprit que des pirates de l'âme, des vrais pirates ceux-là, veulent vous faire payer.

Raphaël Zacharie de Izarra
raphael.de-izarra@wanadoo.fr
2, Escalier de la Grande Poterne
72000 Le Mans
FRANCE
Téléphone : 02 43 80 42 98
Freebox : 08 70 35 86 22

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.